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Le chant et son évolution au fil des siècles :
un court survol
Chaque humain possède un instrument de musique unique qu'il transporte
partout avec lui : sa voix. Outil de communication, de travail, de vocation,
de plaisir, la voix nous révèle. Elle dévoile notre richesse, tout en
déclinant notre identité et notre spécificité. Le chant, de son côté, nous
rassemble tous. Par la magie de son type de voix, sa couleur, son timbre,
des aigus agiles ou des graves somptueux, le chanteur peut dialoguer avec un
ou plusieurs instruments, séduire le public et le projeter dans une autre
dimension.
C'est la voix parlée qui, par l'amplification de son accentuation naturelle,
a donné naissance au chant. Chez les aborigènes, le chant diffère ainsi très
peu de la parole. Le rôle de la voix a d'abord découlé des diverses
fonctions que lui assignait le culte. Elle pouvait aussi bien être facteur
de paix (plain-chant du Moyen-Âge) ou d'excitation (danses de transe) que
d'incantation.
Les premiers chanteurs dont on a retenu les noms ont été les troubadours et
les trouvères qui ont proliféré en Europe du XIIe au XIVe siècle et qui
étaient à la fois poètes, compositeurs et interprètes aussi bien de chansons
satiriques et politiques que des chansons d’amour. (Guillaume IX d’Aquitaine
est généralement reconnu comme le premier troubadour et Chrétien de Troyes
comme le premier trouvère. Adam de La Halle reste probablement celui dont on
connaît le mieux les œuvres aujourd’hui).
Au milieu du XVIe siècle, des traités importants mentionnent pour la
première fois l'importance de l'art du chant. Les voix solistes sont
progressivement mises de l’avant, notamment celles des femmes. On assiste à
la naissance de l’opéra et à l’âge d’or des castrats, véritables « stars »
de l’époque. Les chanteurs ajoutent aux mélodies de nombreuses
ornementations et notes de passage qui en étoffent la trame, technique qui
se transmettra également à la musique instrumentale.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les chanteurs d'opéra deviennent les vedettes
incontestées de la scène musicale. Le registre de ceux-ci s'élargissant
considérablement, grâce aux avancées de la technique vocale, les
compositeurs commencent d’ailleurs à intégrer ces nouvelles notes dans leurs
œuvres. La virtuosité vocale – qui deviendra d’ailleurs l’aspect prédominant
de ce que nous nommons aujourd’hui le bel canto – atteint le même niveau de
perfection que l’expressivité, valeur jugée jusque là souveraine.
Cette popularité des chanteurs se poursuit au XIXe siècle. Le public préfère
les chanteurs au registre brillant, particulièrement dans les aigus, mais
capables de démontrer un volume sonore imposant, habileté qui se révèle
rapidement un atout pour pouvoir remplir les nouvelles salles plus grandes
et se faire entendre au-dessus de l'orchestre.
Un instrument toujours actuel
Après avoir associé la voix au chant sacré, à l'opéra, à la mélodie et au
lied (qui transmettent tous deux un texte souvent poétique), les
compositeurs choisissent parfois au XXe siècle d'utiliser celle-ci comme
simple instrument. Elle peut ainsi être parlée ou chantée, en passant par
les formules intermédiaires du parlé rythmique, du Sprechgesang (un mode
d'expression vocal très stylisé qui se situe à mi-chemin entre le parlé et
le chanté), du chant à bouche fermée (particulièrement dans les chœurs), du
cri ou du rire. Dans Wozzeck, Alban Berg exploite ainsi systématiquement
toutes les possibilités de la voix.
Saint Basile parlait déjà au IVe siècle du pouvoir du chant « à unir les
peuples dans la symphonie d'un seul chœur ». Les grands compositeurs l’ont
compris et ont dédié à la voix des œuvres tour à tour intimes, majestueuses,
amusantes, bouleversantes, ultimement profondément humaines.
Comment le son est-il produit?
Parlée ou chantée, les sons émis par la voix sont produits par le larynx et
la cavité pharyngo-buccale. La voix humaine est constituée par un courant
d'air, issu des poumons, transformée en bouffées successives par la
vibration de petits bourrelets musculaires horizontaux, les cordes vocales.
Délimitant une ouverture appelée la glotte, les cordes vocales ne vibrent
pourtant pas comme des anches de hautbois ou de clarinette. Lorsque les
fibres musculaires se contractent, la glotte s'entrouvre. Le nerf moteur du
larynx transmet aux cordes vocales un certain nombre de salves d'influx par
seconde (dépendant de la note produite). La vibration des cordes vocales est
donc commandée exclusivement par des influx moteurs issus du cerveau. Chaque
chanteur possède une étendue vocale qui lui est propre, strictement imposée
par l'excitabilité de son nerf récurrent.
Lucie Renaud
Les types de voix
Soprano : voix de femme la plus aiguë. Les enfants chantent généralement
avec ce type de voix.
Mezzo-soprano : voix de femme intermédiaire
Alto : voix de femme la plus grave ou de haute-contre chez les hommes
Ténor : voix d'homme aiguë, à la tessiture plus claire. Les rôles de jeune
premier lui sont souvent réservés.
Baryton : voix d'homme moyenne. La plupart des hommes possèdent
naturellement ce type de voix.
Basse : la plus grave des voix d’hommes.
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